Astuce N°10 : Charlotte Perriand, une vision de la cuisine avant l’heure.

Astuce N°10 : Charlotte Perriand, une vision de la cuisine avant lheure.

 

 

Roberto DRAPRON, hyperspécialiste de la formation des concepteurs et vendeurs de cuisines, partage son expertise en adaptant les méthodes de vente les plus connues à votre activité d'agenceur, décorateur, conseiller en aménagement et cuisiniste. Grâce à son approche, emparez-vous des méthodes les plus efficaces pour trouver des solutions idéales et adaptées aux besoins spécifiques de vos clients.

Astuce N°10 : Charlotte Perriand, une vision de la cuisine avant l’heure.

Charlotte Perriand (24 octobre 1903 – 27 octobre 1999) se forme à l’École de l’Union Centrale des Arts Décoratifs. En 1927, elle présente son « Bar sous le toit » à Le Corbusier, qui l’avait d’abord éconduite d’un « On n’y brode pas des coussins ici ». Convaincu, il l’intègre à son atelier, où elle dirige l’aménagement intérieur aux côtés de Pierre Jeanneret — un trio qu’elle décrira comme « trois doigts d’une main ». En 1928, ils cosignent les fauteuils devenus icônes du XXᵉ siècle (B301, LC2 Grand Confort, B306). Perriand poursuit ensuite une carrière indépendante, entre le Japon, le Brésil et la France, jusqu’à sa mort en 1999.

Sa vision de la cuisine s’inscrit dans la même filiation que le triangle d’activité vu dans l’Astuce N°9 : elle hérite des principes de rationalisation de la cuisine de Francfort. Mais chez Perriand, l’efficacité ne sacrifie jamais la vie sociale. Elle conçoit la cuisine comme « un petit laboratoire » : un poste de travail resserré où l’on perd le minimum de temps, mais toujours ouvert sur le lieu de vie pour préserver la convivialité et la supervision des enfants.

Chantier 1 — La Cité Radieuse, Marseille (1952)

Pour l’Unité d’Habitation de Le Corbusier, Perriand dessine une cuisine carrée de 4,80 m², où l’utilisatrice atteint tout l’équipement en pivotant simplement sur elle-même : évier double bac, cuisinière électrique et four, armoire frigorifique. Un passe-plat s’ouvre sur le séjour, permettant de cuisiner sans jamais s’isoler de la famille.

 

Chantier 2 — Les Arcs, Savoie (1967-1989)

Les Arcs sont l’œuvre à laquelle Perriand se consacre le plus longtemps : de l’urbanisme jusqu’au moindre meuble. Pour équiper rapidement des milliers de studios de ski, elle conçoit des blocs cuisine et salle de bain préfabriqués, moulés en polyester armé de fibre de verre et inox par les chantiers navals de Saint-Nazaire, posés par grue et raccordés sur place. Cuisine et salle de bain, aux mêmes dimensions, partagent la même gaine technique — une logique d’industrialisation au service du prix et de la rapidité de pose. Dans les studios d’Arc 2000, la plaque de cuisson et le lave-vaisselle peuvent même se refermer l’hiver pour ne laisser apparaître qu’un simple bar, transformant le studio en location hôtelière saisonnière.

 

La leçon pour vous, concepteur : même dans un espace minimal, penser en pôles fonctionnels clairs — comme le faisait déjà Perriand il y a 70 ans — n’empêche jamais de garder une cuisine chaleureuse et ouverte sur la vie de la maison.

 

N.B :

-Charlotte Perriand est née le 24 octobre 1903 à Paris et morte le 27 octobre 1999, à 96 ans.

-Elle rejoint l’atelier de Le Corbusier et Pierre Jeanneret en 1927 ; les fauteuils B301, LC2 et B306 sont cosignés en 1928.

-La cuisine de l’Unité d’Habitation de Marseille (Cité Radieuse) date de 1952.

-Perriand se consacre au projet des Arcs de 1967 à 1989 ; les blocs cuisine/salle de bain préfabriqués sont notamment produits en 1975-1979.

 

Pour une information complémentaire contactez moi : roberto.drapron@rdfc.fr